• Clémentine Gustin-Gomez

Cat. 2011 P. 10 - Allégorie royale ?



























Huile sur toile.

H. 79 ; L. 62,5 cm.

Localisation inconnue.

Historique : Galerie Éric Coatalem, Paris. En 2011.

Œuvres en rapport : Deux dessins préparatoires à ce tableau : Manchester, Whitworth Art Galery, inv. D. 1926.451, Minerve (D.121) ; figure masculine à terre à gauche, Paris, collection particulière, Homme allongé tenant un outil à la main droite, (D 248) ; une autre composition de figures allégoriques encadrant un portrait, Stockholm, Nationalmuseum, inv. NM H 2752/1863, Figures allégoriques encadrant un portrait (D.275).


Cette étude particulièrement aboutie rassemble plusieurs allégories et symboles qui caractérisent une commande royale sans que l’on puisse la rapprocher d’une œuvre finie où figurerait la figure du personnage honoré dans l’imposant cadre ovale au centre.

En haut, le Triangle lumineux évoque la protection du Saint Esprit. À droite, Minerve domine la scène vêtue de son armure et de son casque. Le globe terrestre à ses pieds constitue un symbole du pouvoir temporel. Le trophée d’armes derrière elle symbolise la déesse guerrière.

L’allégorie de la Prudence est assise à gauche avec un compas à la main. Son pied gauche est posé sur le dos d’un homme barbu aux yeux bandés qui tient une lanterne à bout de bras ( ?). À sa gauche, on devine un lion puis en-dessous deux figures féminines et un serpent enroulé autour d’un long bâton.

Symétriquement, la Tempérance tient un mors. Son pied gauche est appuyé sur le ventre d’un captif mort, son épée sous son l’avant-bras. À sa droite, une jeune femme tient à la main un miroir tourné vers la Saint Esprit. On distingue une double tête sous son coude et un lion à l’extrême droite.

La représentation de deux des quatre vertus cardinales, Tempérance et Prudence, qui illustrent la sagesse et le juste choix sous la protection divine du Saint Esprit et la présence de Minerve permet de supposer que le peintre a pu vouloir glorifier Louis XIV dans les années 1670, garant de la paix, sous l’œil protecteur et vigilant la déesse guerrière.

Les figures massives et bien campées proches de La Brun confirment une datation précoce, vers 1670, à l’époque où La Fosse travaille au château de Versailles sous l’autorité du Premier peintre.