• Clémentine Gustin-Gomez

Cat. 2014-D. 25 - Joseph et la femme de Putiphar




Pierre noire, sanguine et rehauts de craie blanche sur papier chamois.

H. 38 ; L. 25,5 cm.

Localisation inconnue.

Historique : Dorotheum, Vienne, 2 octobre 2014, n° 109, non vendu.

Oeuvre en rapport : Un tableau perdu (H. 26,5, L. 20,5 cm) mentionné dans l'inventaire après décès de Charles de La Fosse, 23 décembre 1716, n° 184; puis dans celui de Pierre Crozat (A. N., M. C., XXX, 278, 30 mai 1740, n° 323.


Cette esquisse pour une composition d'ensemble ne peut être mise en relation avec un tableau connu. La Fosse semble n'avoir été traité qu'une fois ce sujet qui figure dans l'inventaire après décès de Charles de La Fosse puis dans celui de Pierre Crozat.

Le sujet est tiré de la Genèse (39,1-20). Arrivé en Egypte comme esclave, Joseph a pour maître un officier de Pharaon nommé Putiphar qui lui accorde sa confiance. La femme de ce dernier tente de séduire Joseph qui repousse ses avances. Elle l'accuse d'avoir essayé de la violer. Putiphar fait alors incarcérer Joseph qui restera en prison deux ans jusqu'à ce que Pharaon reconnaisse sa valeur et lui donne le commandement de l'Égypte. Notre épisode s'inspire du texte même de la Genèse : " Elle l'attrapa par son habit en disant: «Couche avec moi!» Il lui laissa son habit dans la main et sortit."

D'un trait hâtif à la sanguine, La Fosse esquisse les deux figures devant un décor de palais orné d'un vaste velum. La femme a encore le genou droit sur son lit tandis qu'elle s'élance à la poursuite de Joseph à moitié dénudé, courant vers un escalier dont on voit les trois premières marches. En bas à gauche, une petite statuette égyptienne sur un socle confirme le sujet représenté. À sa droite le chien de compagnie qui aboie rappelle les fréquentes notations véronésiennes du peintre.

Nous distinguons un trait d'encadrement à la sanguine sur trois côtés, en gauche, en bas et à droite. À droite, le trait s'interrompt au niveau de la main droite de Joseph. La mise ne page complète se retrouve dans le dessin inédit, rigoureusement identique, publié dans ce blog (Cat. 2010-D. 41) où une bande dessinée poursuit le dessin en haut à droite. Il figure au verso de l'Étude de femme agenouillée avec reprises des jambes et de la main gauche.