• Clémentine Gustin-Gomez

Cat. 2017 D. 15 - Minerve qui préside sur le Commerce

































Pierre noire, plume et encre brun, lavis brun sur papier chamois.

Titre à la plume et encre brune en haut : Minerve qui préside sur le commerce.

Mis au carreau à la sanguine.

H. 19 ; L. 15,5 cm.

Historique : Vente Château de Coulaines en Anjou ; M° Rouillac, 11 juin 2017, n° 81, 2 728 €.

Œuvres en rapport : Dessins appartenant au même décor : Minerve enseignant l’architecture à Dédale et Minerve et les Muses, Stockholm, Nationalmuseum, inv. NM H 2742/1863 et NM H 2747/1863.


Apparaissant au-dessus du mat du bateau de marchandise à quai, Minerve le pointe de la main droite. Un triangle de figures en bas à droite se compose de quatre hommes transportant des tonneaux ou des ballots et d’un homme barbu plus âgé, habillé d’une toge, probablement le propriétaire qui dirige les manutentions. À droite, sur un pilastre, une sculpture représente une figure masculine, peut-être Mercure. Cette scène du débarquement des marchandises illustre le sujet de la feuille, Minerve qui préside sur le Commerce.

La composition mise au carreau est à rapprocher des deux dessins conservés au Nationalmuseum de Stockholm : Minerve et les Muses (D. 303) et Minerve enseignant l’architecture à Dédale (D. 304) dont les techniques et le style sont identiques. Ces études sont représentées sans effet de perspective, ce qui semble indiquer un emplacement en haut d’un mur et non sur un plafond. Dans les trois œuvres, la mise au carreau s’interrompt à quatorze cm de hauteur pour former un arc de cercle où La Fosse a écrit le titre de l’œuvre à la plume.

Dans un premier temps nous pensions, comme Margret Stuffmann, y voir des études préparatoires pour les angles du plafond de la célèbre galerie de l’hôtel de Pierre Crozat, rue de Richelieu, sur le thème de La Naissance de Minerve (P. 170*). Cornélia Hattori rapprochait, elle, les deux œuvres suédoises au Cabinet octogone dédié aux Saisons, au premier étage de l’hôtel. Le format incurvé du haut des dessins destinés à s’adapter au format circulaire des fenêtres peut lui donner raison. Nous pensons toutefois que les sujets à la gloire de Minerve correspondent mieux de la galerie elle-même consacrée à la déesse du Commerce qu’à celui du salon octogone dédié aux Saisons.

Les deux dessins suédois portent en bas à droite un numéro d’inventaire Crozat. Notre feuille inédite a elle été malheureusement amputée d'une bande horizontale en bas. Il est néanmoins fort probable que les quatre dessins dédiés à Minerve (le quatrième reste à découvrir) appartenaient à la collection Crozat. Cela constitue un indice supplémentaire pour rapprocher ces esquisses d’un décor commandé par le collectionneur à La Fosse.



















Minerve enseignant l’architecture à Dédale & Minerve et les Muses