• clementinegustin

Cat. 2020 P. 15 Jésus et la cananéenne


Huile sur toile.

H. : 76 ; L. : 93 cm.

Historique : Vente Camper, Dabernat, Corbeil-Essonnes, 5 décembre 2020, 15 000 €.

Paris, collection particulière.


Ce beau tableau récemment apparu sur le marché de l’art illustre le texte de l’Évangile, Jésus et la cananéenne (Matth. 15, 21-28) qui à notre connaissance n’a jamais été traité par La Fosse.

La cananéenne supplie Jésus de guérir sa fille « tourmentée par le démon ». Les trois disciples lui disent d’écarter cette femme qui n’appartient pas à « la maison d’Israël ». Il semble d’abord les approuver en disant à l’intruse que l’on donne du pain aux enfants et non aux chiens. Voulant dire que son message est destiné à son peuple, les Juifs (les enfants), et non aux étrangers comme la cananéenne. Alors elle se prosterne et répond à Jésus : « les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres » Ce qui signifie que tous, païens comme juifs, ont droit à la miséricorde divine. Jésus touché par une Foi si grande guérit sa fille.

La Fosse choisit de décrire fidèlement le dernier échange entre le Christ et la cananéenne. A genoux, suppliante, tendant la main droite, elle prend le Jésus à témoin des miettes qu’à ses pieds les deux chiens mangent avidement. De sa main gauche ouverte vers le fils de Dieu, elle l'implore de la faire bénéficier du même traitement. De son index droit, le Christ lui montre la direction que doivent prendre ceux qui veulent le suivre.

Suivant les leçons de son maître Charles Le Brun, La Fosse s’attache à donner à chaque personnage une expression qui caractérise ses sentiments. La modestie suppliante de la femme à genoux, le regard lointain mais plein de sollicitude du Christ. À droite, le jeune homme (sans doute saint Jean, le plus jeune des apôtres), vêtu de rouge, exprime son émotion tandis que les deux disciples barbus observent la cananéenne avec curiosité.

La scène se déroule selon une composition en frise, sans arrière-plan. Les cinq figures solides et bien campées habillées pour deux d’entre elles de lourds et opulents manteaux marron clair évoquent également l’influence du Premier Peintre. Ces caractéristiques stylistiques se retrouvent dans La Présentation de la Vierge au Temple datée de 1682 et conservée au musée des Augustin à Toulouse (P. 50). Nous suggérons donc de dater cette toile de la première partie de la décennie 1680 quand l’influence du style du Grand Siècle est encore prégnante dans l’art de notre peintre.


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